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Le Minou, porte océane de Brest (XVIIème siècle)

histoire du minou 1Le site du Minou est un vallon étroit, fortement encaissé qui se termine au rivage de la mer. La partie Ouest des flancs de la vallée est composée de landes et présente une topographie très marquée. Légèrement en amont quelques constructions sont implantées, dont un restaurant. La partie Est de la vallée se prolonge par une pointe sur laquelle domine un fort précédant un phare et un sémaphore. Le panorama aménagé peu avant l’entrée du fort permet d’admirer ces monuments mais aussi la rade et les sentiers côtiers.

Défendre

Les premières pages de l'histoire du Minou s'écrivent au 17ème siècle. Et si Vauban, commissaire général aux fortifications de Louis XIV y vient, ce n'est surement pas pour y faire du tourisme : l'heure est à la protection contre les Anglais qui menacent de débarquer à Brest. C'est tout le goulet qu'il faut protéger. Ainsi à Plouzané, on retrouvera des fortifications à la pointe du Diable, au Dellec, au Mengant et au Minou, site hautement stratégique dans la protection du goulet puisqu’il fait face à Camaret et à la baie de Berthaume.

Les travaux sont conduits de 1689 à 1700 et dès 1694 les canons du Minou contribuent à repousser une tentative de débarquement anglais.

A l'issue de cette première phase, le fort du Minou ressemble déjà à ce que nous connaissons aujourd'hui : un retranchement fortement armé protégé par une haute muraille, surplombant un fossé, muraille elle-même surmontée d'un épais talus destiné à la protéger de tirs de canon par des envahisseurs venus coté terre. Mais on y trouve aussi plusieurs bâtiments abritant la garnison, les munitions, les vivres...

En 1841, face à de nouvelles menaces, les remparts sont consolidés, épaissis et surélevés aux dimensions qu'on leur connaît actuellement.

En 1844, il est décidé de réorganiser le fort du Minou. Le pont fixe de l’entrée est remplacé par un pont-levis défendu par une bretèche crénelée.

En 1870, c'est de nouveau la vocation militaire du Minou qui est réaffirmée. Le site est complété par des casemates enterrées permettant des tirs au ras de l’eau. Des batteries hautes complètent le dispositif : elles se trouvent aujourd'hui au-dessus de la route et dans l'enceinte de l'actuelle SPA, faisant de toute la pointe du Minou une zone fortement armée.

Les rivalités franco-anglaises diminuant au début du vingtième siècle, les équipements lourds sont petit à petit retirés pour être redirigés vers l'Est de la France où se profilent d'autres conflits, d’autres ennemis…

Le fort devint alors étonnamment un lieu de loisirs : Edmond et Dalila Torchiot y installent, dans l’entre-deux guerres, un hôtel et une rôtisserie dont la notoriété va bien au-delà du pays de Brest. Les cinéphiles auront reconnu cet établissement dans les premières scènes du film Remorques, tourné en 1939 avec Jean Gabin et Michèle Morgan : c’est bien là que la noce bat son plein lorsque l’équipage du remorqueur est rappelé pour aller porter assistance à un navire en perdition.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, le site étant un point stratégique pour la défense du goulet, un blockhaus y a été construit. L’approvisionnement en munitions était possible de la plage, au pied du fort, en passant par les anciens passages construits du temps de Vauban dans les remparts.

En 1940, les Allemands arrivent et occupent le fort. Quatre ans plus tard, à la Libération, il ne reste plus grand chose de l'ancien restaurant, ni des bâtiments qui auparavant occupaient cette enceinte. En revanche, de lourds blockhaus en béton, quasiment indestructibles, sont apparus, dans le fort et aux environs.

Après-guerre, le site est délaissé et n'abrite plus que le phare et la maison du gardien. Mais on est alors en pleine guerre froide, et l'on craint des attaques contre la flotte et les sous-marins basés en rade. Pour lutter contre d'éventuelles immersions de mines, larguées par avion, une tour, un peu moins haute que le phare, est construite devant lui. Elle porte à son sommet un radar qui veillera sur le goulet jusqu'au début des années 1980, date à laquelle il sera démonté.

Guider

Le phare du Minou a lui été élevé sur la pointe en 1848. Un pont de pierre en granit d’une hauteur de 24 mètres mène à la tour cylindrique du phare. Haut de 26 mètres et à 58 mètres au-dessus du niveau de la mer, il émettait deux éclats blanc et rouge toutes les 12 secondes. Sa portée était de 19 miles. L’automatisation du phare s’est faite en 1989.

Aujourd’hui, le Minou, a perdu tout rôle militaire. Les accès au PC et à la batterie casematée ont été soudés. Officiellement déclassé des places militaires le 18 Août 1993, le Minou a été aliéné au profit des services du ministère de l’équipement. En arrière, la batterie inachevée et les installations allemandes ont été dégagées en 2000 dans le cadre d’une opération de dépollution du site. Les batteries du sémaphore subsistent au milieu des locaux d’un ancien refuge pour animaux.

Accueillir

En 2013, l’Etat a affecté le site du Minou au Conservatoire national du littoral. Par une autorisation d’occupation temporaire du Fort, en date du 1er Mai 2013, celui-ci a confié l'accueil du public, les missions d’entretien, de surveillance et de suivi écologique à BMO et à la commune de Plouzané, pour une durée de 3 ans.

histoire du minou 6

En dehors des périodes de tempêtes, le site du Minou est ouvert au public : on peut observer les vagues venant se briser sur les rochers, ou déferlant sur la plage pour le bonheur des surfeurs et des bodyboardeurs. Vers Brest, on peut admirer les mouvements des navires entrant ou quittant la rade. Face à l’Ouest, on peut respirer l’air frais venu du large en scrutant l’horizon.

Sources :

Fortifications et patrimoine-année 2001 - "les batteries du Minou à Brest" de Martin Barros & Alain Chazette Télégramme du 25.07.2007